D’abord : un bébé qui se réveille, c’est normal
Le sommeil d’un bébé n’a rien à voir avec celui d’un adulte. Ses cycles sont plus courts, autour de 50 minutes contre environ 90 chez l’adulte, et il passe beaucoup plus de temps en sommeil agité. Entre deux cycles, il remonte presque à la surface : c’est là qu’il se réveille, ou pas.
Si ton bébé se réveille la nuit, c’est d’abord parce que ça le protège : il a besoin de manger souvent, et il vérifie que tu es là. Les réveils ne sont donc pas un problème en soi. La vraie question, c’est : est-ce qu’ils correspondent à son âge, et est-ce que toi, tu tiens le coup ?
Ce qui est normal, âge par âge
De 0 à 3 mois
Un nouveau-né dort en moyenne entre 14 et 17 heures sur 24 heures, en petits morceaux, de jour comme de nuit. Il se réveille toutes les 2 à 3 heures pour manger, parfois plus souvent, surtout s’il est allaité : le lait maternel se digère vite. Il ne fait pas encore la différence entre le jour et la nuit : elle s’installe peu à peu au fil des semaines.
De 3 à 6 mois
Le rythme jour-nuit se met en place et la nuit s’allonge souvent. Mais vers 4 mois, beaucoup de parents voient tout se dérégler : c’est ce qu’on appelle la régression du sommeil de bébé, ou régression des 4 mois. Ce n’est pas un recul, au contraire : son sommeil mûrit et ressemble davantage à celui d’un adulte, avec des cycles plus nets, et donc plus d’occasions de se réveiller entre deux.
De 6 à 12 mois
Bébé dort environ 12 à 15 heures sur 24 heures, siestes comprises. Un ou deux réveils par nuit restent fréquents. Vers 8 ou 9 mois, l’angoisse de séparation, les nouvelles acquisitions (s’asseoir, ramper, se mettre debout) et les dents peuvent de nouveau chambouler les nuits pendant quelques semaines.
De 1 à 2 ans
Entre 11 et 14 heures sur 24 heures, avec une ou deux siestes. Les réveils deviennent plus rares, mais les maladies de l’hiver, les premiers cauchemars et les grandes étapes (la marche, l’entrée en crèche, l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur) peuvent les faire revenir.
Des moyennes, pas des objectifs
Certains bébés dorment moins, d’autres plus, et vont très bien. Ce qui compte, c’est que ton bébé soit éveillé et tonique dans la journée, et qu’il grandisse bien.
« Faire ses nuits », ça veut dire quoi ?
Dans les études, « faire ses nuits » veut souvent dire dormir 6 heures d’affilée, par exemple de minuit à 6 h. On est loin des 12 heures que l’entourage imagine !
Ton bébé ne fait pas ses nuits à 6 mois, ni même à 1 an ? Il est loin d’être le seul : beaucoup de bébés n’y arrivent pas tout de suite. Une étude canadienne publiée en 2018 dans la revue Pediatrics a montré qu’à 6 mois, plus d’un tiers des bébés ne dormaient pas encore 6 heures d’affilée, et qu’à 1 an, c’était encore le cas d’un peu plus d’un quart d’entre eux. Ces bébés se développaient aussi bien que les autres.
Pourquoi bébé se réveille toutes les heures
Quand les réveils deviennent très rapprochés, surtout après 4 mois, on retrouve souvent les mêmes pistes :
- Sa façon de s’endormir. S’il s’endort toujours au sein, au biberon ou dans tes bras, c’est logique qu’en fin de cycle, il réclame les mêmes conditions pour se rendormir. Ce n’est pas un « mauvais pli » : c’est ce qu’il connaît.
- Trop de fatigue. Un bébé qui a manqué de sommeil dans la journée ne dort pas mieux le soir, au contraire : il s’endort plus difficilement et se réveille plus souvent.
- Un grand bond en avant. Se retourner, s’asseoir, marcher : son cerveau travaille, la nuit aussi.
- La faim. À certaines périodes, il peut réclamer plus souvent pendant quelques jours.
- Un inconfort. Une poussée dentaire, un rhume qui bouche le nez, un eczéma qui gratte, des reflux : tout ça peut hacher les nuits.
- La chambre. Trop chaude, trop lumineuse ou trop bruyante. L’idéal : une pièce entre 18 et 20 °C, dans la pénombre.
Des solutions existent, sans laisser pleurer
Chacune de ces pistes a ses solutions, et elles changent d’un bébé à l’autre. Un bébé qui s’endort au sein peut apprendre à se rendormir autrement, en douceur et à son rythme. Mais ça ne se fait pas en appliquant une méthode lue sur Internet : il faut l’adapter à ton bébé, à son âge, à son tempérament et à ce qui est tenable pour toi. C’est tout l’objet de mon accompagnement.
Ce que tu peux observer dès cette semaine
Avant de vouloir tout changer, prends quelques jours pour observer. Note sur ton téléphone, pendant une semaine :
- l’heure du coucher, et comment il s’endort ;
- les siestes : à quelle heure, combien de temps, où ;
- chaque réveil de la nuit, et ce qui l’a aidé à se rendormir ;
- ses signes de fatigue : bâillements, yeux qu’il frotte, regard dans le vide, agitation.
Souvent, ce petit journal fait déjà apparaître des choses : un coucher trop tardif, une sieste qui saute, des réveils toujours à la même heure. Savoir quoi en faire, c’est une autre histoire : quel horaire changer en premier, comment l’aider à se rendormir autrement, combien de temps tenir avant de voir un effet. C’est exactement ce qu’on fait ensemble en séance, à partir de ce journal : on le lit ensemble, et on construit un plan qui part de ton bébé.
Les règles de sécurité ne changent pas
Quels que soient ses réveils, pour dormir, bébé est :
- couché sur le dos, jamais sur le ventre ni sur le côté ;
- dans son propre lit, idéalement dans ta chambre les 6 premiers mois ;
- dans une turbulette adaptée à sa taille, sur un matelas ferme, sans couverture, couette, oreiller, tour de lit ni peluche ;
- dans une pièce entre 18 et 20 °C, sans fumée de tabac.
Quand en parler au médecin
Parles-en à ton médecin si bébé :
- ronfle fort, fait des pauses dans sa respiration ou dort la bouche ouverte ;
- a de la fièvre, ou pleure de façon inconsolable ;
- prend mal le poids, ou semble avoir mal pendant ou après les repas ;
- est très somnolent, difficile à réveiller ou mou dans la journée.
Et si toi, tu es à bout, épuisée au point de ne plus te reconnaître, parles-en aussi : à ton médecin, à ta sage-femme, à ton entourage. Le manque de sommeil n’est pas un détail. En cas d’urgence, appelle le 15 ou le 112.



